Est-il justifié de vouloir se rendre à tout prix au Royaume Uni?

Les raisons qui poussent les migrants à tenter de rejoindre l’Angleterre sont diverses… certaines sont réelles, d’autres relèvent plus du fantasme.

D’une part il y a la langue. L’anglais, langue internationale par excellence, est souvent la seule langue européenne maitrisée par les migrants. Il serait donc plus simple pour eux de s’installer dans ce pays. Les études montrent que ce n’est généralement pas la raison principale du choix.

La Grande-Bretagne serait plus ouverte aux étrangers et aux autres cultures que les autres pays européens. Contrairement à ses voisins, la société britannique ne confondrait pas intégration et assimilation. Il serait donc possible d’y rejoindre la communauté de son pays d’origine afin de bénéficier d’un soutien lors de l’installation. C’est argument est de moins en moins valide étant donné que le racisme est malheureusement en nette hausse dans la société anglaise depuis une quinzaine d’année.

De plus, la Grande Bretagne est considérée comme une terre d’asile. Il serait plus facile d’y obtenir un titre de séjour et le système de prise en charge des demandeurs d’asile y serait plus généreux. En réalité, les conditions d’accueil sont globalement similaires à celle de la Belgique et le France par exemple.

L’accès à l’emploi serait plus simple qu’ailleurs. L’Angleterre a un taux de chômage plus bas que celui de ses voisins européens. Beaucoup de migrants s’y rendent dans le but de travailler. De plus, le marché du travail étant dérégulé, il est plus simple d’y trouver un travail non déclaré. Le travail « au noir » représenterait d’ailleurs 10% du marché du travail. Malgré l’absence de carte d’identité, il est nécessaire de présenter des documents légaux pour être embauché et les autorités ont mis en place des dispositions pour punir les employeurs qui engageraient sciemment des personnes en séjour illégal.

Pour terminer, il y a le règlement Dublin dont beaucoup de migrants pensent qu’il n’est pas d’application au Royaume Uni (même avant le Brexit). Ils pensent donc pouvoir s’installer dans ce pays même après que leurs empreintes ont été prises dans un autre pays.

Ces différents avantages, prétendus ou réels, sont largement relayés et amplifiés par les passeurs, qui entretiennent de la sorte leur juteux commerce.

Le rapport Le Royaume-Uni, un Eldorado pour les migrants ? Autopsie du « British dream », de Pascal De Gendt, donne plus de détails sur la question.